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La variété expliquée 31 DominiqueLa variété expliquée à mon fils # 31
Dominique
Sœur Sourire
1964

Je vais vous surprendre, mais Sœur Sourire, c’est son nom de scène… Dans la vraie vie, elle s’appelle Jeanne-Paule Marie Deckers ; dans la religion, c’est sœur Luc-Gabriel.

Elle dit avoir vécu une enfance morne en Belgique. Pour fuir l’autorité de sa mère, elle tente de devenir professeur de dessin puis entre chez les Dominicaines au couvent de Fichermont à Waterloo en 1959 (elle a alors 26 ans).

Très vite, les sœurs l’apprécieront pour ses compositions musicales enjouées. Sa hiérarchie va alors décider de lui faire enregistrer un disque et négocier un contrat avec Philips. Ni son nom, ni son image n’apparaîtront sur les pochettes. Son pseudo (dont elle dira plus tard qu’elle le trouvait ridicule) est d’ailleurs choisi par un panel d’auditeurs-tests ; il est aujourd’hui encore la propriété de son éditeur et du couvent. L’ensemble des droits normalement dévolus à l’auteur, au compositeur et au chanteur (les 3 étant notre fameuse sœur) reviennent au couvent. Vu qu’elle a fait vœu de pauvreté et d’obéissance, elle va signer…

La chanson Dominique (qui fait référence au fondateur de l’ordre dominicain) aura un succès mondial. L’anonymat de l’interprète (personne ne connaît alors le visage de la chanteuse) excite la curiosité de la presse… Le tube se classe même n° 1 aux États-Unis !

Pourtant, sœur Luc-Gabriel s’interroge sur le sens de sa vie. Elle reprend d’ailleurs ses études (en théologie) et, en juillet 1966, convaincue de son absence de vocation, elle quitte les ordres. Très vite, elle reprend sa carrière musicale sous un autre nom (Luc Dominique), se met en couple avec une jeune femme et compose des chansons controversés (une ode à la pilule abortive, des textes contres les mères, les hommes, l’église catholique, etc.). Son succès sera très modeste, mais semble alors lui convenir.

Mais c’était compter sans le fisc belge qui lui réclament les fortunes qu’auraient dû lui rapporter son tube mondial… Les dominicaines lui remettent ce qu’elles estiment être sa part mais Philips (qui avait touché 95 % des dividendes) ne fait rien. Face à sa dette monstrueuse et aux intérêts cumulés, Jeanne-Paule et sa compagne (thérapeute d’enfants autistes) sombre dans la drogue, l’alcool et la dépression ; elles se suicideront ensemble le 29 mars 1985. Ironie du sort, au moment de son suicide, la SABAM (société belge des auteurs, compositeurs et éditeurs) avait récolté pour elle 571 658 francs belges qui auraient largement couvert la dette fiscale de 99 000 francs belge qu’elle devait…

Et ba, c’était pas une chronique très souriante aujourd’hui…

voir le clip (réalisé plus tard lors de la sortie du remix «disco»…)

 

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