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Mon copain le kappa
titre original : Kappa no Sanpei
Shigeru Mizuki
Éd. Cornélius, 2010, 316 pages, N&B

De quoi parle le livre

Japon, début des années 60. Sampei habite dans un petit village encore fortement marqué par la ruralité et les contes populaires. Simple et naïf, il est emmené par 2 kappas qui le prennent pour l’un des leurs ; il reviendra de ce monde surnaturel accompagné d’un «espion» et sa vie reprend son cours, faite de rencontres avec les montres du folklore japonais et des rocambolesques mésaventures que peut rencontrer un écolier sans parents et livré à lui-même…
Si on y ajoute l’innocence, l’humour scato et le runing gag du messager de la mort qui ne parvient pas à piéger Sampei, on obtient un manga à la fois frais et drôle, terriblement attachant.

paper-blog 01 extrait Mon copain le kappa

Autour du livre : les yokaï

Le terme de yokaï désigne l’ensemble des «monstres» et créatures de la tradition japonaise qu’il ne faut pas confondre avec les yurei, c’est-à-dire les fantômes et mauvais esprits.
La plupart d’entre eux disposent de pouvoirs magiques et sont hostiles aux humains allant du simple mauvais tour jusqu’à la mort… Ils sont partout : dans les forêts ou les montagnes (comme le tengu), dans les bâtiments abandonnés (tel l’uwan), à proximité des hommes (comme le zashiki-warashi qui apporte, lui, paix et prospérité au foyer)… Tous peuvent cependant être repoussés avec des ofuda, c’est-à-dire des talismans de papier, de tissus ou de bois sur lesquels on inscrit le nom d’une divinité protectrice.

Mais revenons au kappa qui est un yokaï d’eau…
Ayant l’apparence d’une «tortue humaine» avec une bouche souvent en forme de bec, ils ont sur le dessus de leur crâne chevelu un creux rempli d’eau d’où ils tirent leur puissance. De la taille d’un enfant de 3-4 ans, il vit environ 100 ans. Il se nourrit de chair humaine mais préfère le concombre (d’où le nom du sushi à base de concombre, le kappa-maki). Farceur, il aime péter et regarder les filles nues…

paper-blog 01 strip

L’auteur

Shigeru Mizuki (de son vrai nom Shigeru Mura) naît au Japon en 1922 dans une petite ville côtière.
Enfant rêveur, il décourage ses professeurs par son refus de faire tout ce qui ne l’intéresse pas… et peu de choses trouvent alors grâce à ses yeux si ce n’est le dessin !
Enrôlé dans l’armée impériale en 1942, il est envoyé en Nouvelle-Guinée où il contracte la malaria et où il perd son bras gauche dans un bombardement. Prisonnier, fortement marqué par la perte de nombreux compagnons, il se lie cependant d’amitié avec une tribu locale au point d’hésiter à rentrer au Japon à la fin de la guerre.
Il rentre cependant et, après un long ré-apprentissage du dessin (il était gaucher avant de perdre son bras), il fait le choix à 35 ans de devenir mangaka et devient un des fondateurs du manga d’horreur.
Il fait en effet revivre le folklore japonais où les yokaï que lui décrivait Non-non-bâ (une véritable vieille dame de son village d’enfance intimement persuadée de la réalité des contes populaires japonais) prennent une place essentielle. Ses recherches – et notamment la lecture des ouvrages de Kunio Yanagida – lui font découvrir bien d’autres «monstres» qu’il fera vivre aux côtés de ces personnages dans de nombreux mangas.
Aujourd’hui, on considère ainsi que l’image du kappa, notamment, a évolué au Japon grâce à Mizuki : de réputation maléfique (il attirait les jeunes filles au fond de l’eau pour leur prendre leur vertu), il est désormais perçu comme un être malicieux voire sensible…
La ville natale de Mizuki, Sakaiminato, a d’ailleurs installé le long de son avenue principale 120 statues de bronze représentant des yokaï en l’honneur de l’illustre mangaka, amenant ainsi près d’un million de touristes chaque année.

paper-blog 01 jury final

Je vous conseille aussi…

Du même auteur, avec des yokaï
> Kappa & compagnie, Éd. Cornélius, 2010 et Moi, la mort et kappa, Éd. Cornélius, 2011, suite de Mon copain le kappa
> NonNonBâ, Éd. Cornélius, 2006 (Prix du meilleur album, festival d’Angoulême 2007)
> Kitaro le repoussant, Éd. Cornélius, 2007

Et pourquoi pas un film d’animation avec un kappa particulièrement touchant ?
> Un été avec Coo de Keiichi Hara, 2007

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